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L'éloge de la Lenteur

March 12, 2019

 

« La majeur partie d'entre nous [mouvement Slow] ne souhaite pas voir remplacer le culte de la vitesse par celui de la lenteur. La vitesse peut être amusante, productive et puissante, et nous nous retrouverions démunis sans elle. Ce dont le monde a besoin et qu'offre le mouvement de la lenteur, c'est une troisième voie, une recette mariant la dolce vita avec le dynamisme de l'ère de l'information. Son secret ? L'équilibre : au lieu de faire tout plus vite, faire tout à la bonne vitesse. » - Extrait de la conclusion du livre -

 

 

Un constat sur les limites de la vitesse

 

Dans ce best seller, Carl Honoré nous parle de la lenteur et du mouvement « Slow », ou plutôt des mouvements « Slow » puisqu'il existe des regroupements « SlowFood », des mouvances « SlowSex », des réflexions sur la « SlowLife », sur l' écologie, les pédagogies douces, les médecines alternatives et beaucoup d'autres domaines. Vous l'aurez compris, le mouvement « Slow » touche chaque aspect de la Vie quotidienne.

 

Dès la fin des années 80, le journaliste est parti d'un constat : notre société occidentale actuelle fonctionne dans la « fureur de vivre », il parle de « vortex de la rentabilité du temps », du « culte de la vitesse », et de la compétitivité. Selon lui « nous vivons à l'âge de la rage ».

L'auteur a lui-même été obsédé par la rentabilité de son temps, les yeux rivés sur la montre, stressé, irascible et à la minute près. Il raconte de tristes épisodes où chaque soir, il négociait avec son fils pour raccourcir l'histoire lue lors du couché, les stratégies pour en faire une « histoire-minute » en sautant des pages par exemple. Plusieurs épisodes ont fait germer chez lui l'idée que quelque chose n'était pas très juste dans cette course permanente. L'un de ces épisodes est décrit d'une manière particulièrement humoristique, avec tout le recul sur notre société dont fait preuve l'auteur, le voici :

 

« Une camionnette s’arrête devant la maison de mes voisins, forçant les voitures qui la suivent à attendre que le conducteur ait livré une table basse. En l'espace d'une minute, la femme d'affaires assise dans la voiture de derrière, la quarantaine, commence à l'agonir, levant les bras en l'air et oscillant sèchement la tête. De sa fenêtre ouverte, elle laisse finalement échapper une plainte grave et gutturale. On se croirait dans une scène de l’Exorciste. J'en conclus qu'elle doit être entrain d'avoir une crise d'épilepsie et me précipite en bas pour aider. Mais il s'avère, lorsque j'arrive sur le trottoir, qu'elle est simplement agacée de se retrouver coincée derrière la camionnette. Elle se penche à sa fenêtre et hurle à la cantonade « Si vous ne bougez pas votre p… de camion, c'est moi qui vais vous dézinguer ».  »

 

 

L'éloge de la décélération :

 

Carl Honoré spécifie bien que faire l'éloge d'une Vie plus lente ne signifie pas vivre au ralenti. Les notions d'équilibre, d'adaptabilité et de choix sont au centre de cette philosophie qui s'interroge aussi sur le caractère normatif du culte de la vitesse et de la compétition. Il prend soin, dès le début de l'ouvrage, de définir clairement les termes qui fondent les postulats de l'ouvrage.

 

« Dans ce livre, vitesse et lenteur font plus que désigner un changement de rythme. Ce sont des termes incarnant des styles ou des philosophies de vie. La vitesse est occupée, autoritaire, agressive, agitée, analytique, stressée, superficielle, impatiente, active et privilégie la quantité sur la qualité. La lenteur est son opposé : calme, attentive, réceptive, immobile, intuitive, tranquille, patiente, réflexive et préfère la qualité à la quantité. Avec elle, il est question de contacts vrais et profonds – avec les gens, avec une culture, avec le travail, avec la nourriture, avec tout. […]

C'est pourquoi cette philosophie peut-être résumée en un seul mot : équilibre. »

 

L'auteur prend le temps d'explorer la lenteur dans le domaine de la nutrition et part en Italie rencontrer les fondateurs du mouvement SlowFood et des réseaux « Cittaslow », des villes aménagées ou plutôt réaménagées selon un engagement dans la décélération et la qualité de Vie de ses riverains. Si le premier chapitre est consacré à l'art de la cuisine, de la gastronomie, des circuits courts et de l'écologie, le deuxième aborde le sujet de l'urbanisme. S'ensuit un chapitre sur les relations entre le corps et l'esprit, le stress, la méditation, les activités physiques, la créativité et, entre autre, les maladies. Le sujet est lancé et le chapitre suivant explore le milieu des « MAC », médecines alternatives et complémentaires. Bien ancré dans le rapport au corps et à l'intime, le livre se poursuit sur le thème de la sexualité. À nouveau Carl Honoré prend soin de partir de constats chiffrés, d'études ayant été réalisées en Europe, en Amérique du Nord et au Japon sur les durées et estimations qualitatives des relations sexuelles et des relations de couple. Il étend ses recherches au « SlowSex » et notamment au tantrisme, à la pleine conscience, à la (re)découverte et à l'éveil des sens. Il nous emmène ensuite à ce qui nous coupe bien souvent de notre Vie personnelle et intime, à ce qui nous presse et peut-être oppresse : le travail. Là encore une étude est très objectivement menée sur les conséquences des réductions du temps de travail, l'auto-gestion des emplois du temps. Pour celles et ceux qui ont fait le choix audacieux de se dégager plus de temps personnel, arrive la question de la gestion du temps libre et des loisirs, des passions. Ces réflexions sont au cœur de l'avant dernier chapitre. Cela donne lieu à une rencontre avec le mouvement « tempo giusto » qui œuvre pour une interprétation beaucoup plus lente de la musique classique, en adéquation avec leur composition originelle.

Enfin, le dernier sujet abordé est l'éducation. Il permet une réflexion plus large sur l'enfance, l'accueil des rythmes personnels et les activités extra-scolaires. Chez les tout-petits déjà la compétitivité et la rentabilité sont appliquées, et cela est bien souvent dommageable.

 

 

À la recherche du temps juste.

 

J'ai pris beaucoup de temps pour lire ce livre. J'ai choisi de le lire lentement. J'ai choisi de le lire en conscience, et comme à l'accoutumée, je me suis interrogée sur mon quotidien, ma façon de vivre, mes réactions spontanées, au-delà des réflexions menées au calme, dans mon canapé. J'ai pris soin de revisiter, requestionner chacun des aspects de mon quotidien. J'ai testé, expérimenté, lâché. Il me semble que je suis allée plus loin dans la « Slowlife ». Encore une fois, il s'agit avant tout d'une qualité d'être plutôt que de faire, même si les actions posées dans une optique « slow » sont fondamentales. Encore une fois, je confirme qu'il y a un intérêt essentiel à aller au fond des choses, à prendre le temps, à faire le tour des questions, à franchir différentes étapes, à ne pas se précipiter, à réfléchir, à explorer, à construire pas à pas. Je vois renforcées mes convictions que tout nécessite un certain temps, et bien souvent un temps certain. Le temps de la réflexion, le temps de l'action et bien entendu, le temps de l'intégration.

 

Je terminerai par ce premier vers de la fable du « Lièvre et de la Tortue », signée Jean de la Fontaine : « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. »

 

 

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